Lever du jour Maïdo
Author

La Clinique Du Coureur

Date

1 novembre 2019

Une Diagonale des Fous hallucinante

Saint Pierre, le départ :

18h toute l’équipe des Guerriers du Grand Raid – Diagonale des Fous monte dans les 3 bus, direction Saint Pierre. Après la magnifique pause pipi groupée, direction l’enclos de départ où nous arrivons assez tôt et sommes placés très à l’avant.

Je me retrouve avec Benjamin, Nico, Aurélie, Jessy et Yanick. Mathias, un ami avec qui j’ai fini ma préparation nous rejoints un peu plus tard.

1h avant le départ, tout le monde se lève, attiré par le concert face à nous, l’excitation commence. Bientôt, nous y sommes. De long mois de préparation vont être lâchés dans les sentiers réunionnais.

Malheureusement Audrey a dû rentrer en métropole pour dire au revoir à sa grand-mère. Elle est malgré tout présente avec moi et m’envoie des vidéos d’encouragements de mes amis avant le départ. Quelle belle idée !

22h le départ. On a beau nous le décrire, il faut le vivre ! Un couloir formé par une foule en furie, la fête. De la joie partout, accompagnée d’un feu d’artifice magnifique qui nous inviterait à s’arrêter pour le contempler.

Je démarre la course avec, Benjamin, puis le perds. Avant de le retrouver puis de le perdre à nouveau. Tristesse… Nous avions prévu de courir une bonne partie ensemble. C’est loupé. J’espère le retrouver plus tard.

En arrivant à Terre Sainte, j’entends crier « Allez Samir ! » tiens Perdola (une amie d’Audrey) sur le côté ! Première rencontre inattendue !

Direction Domaine Vidot, en solitaire finalement. Une tape dans le dos : Xavier ! Grand sourire en train de remonter à grandes enjambées tout le monde. Quelle facilité, je le hais haha ! Content de l’avoir vu, et toujours aussi souriant !

15km – Domaine de Vidot : 1h50 de course

Je ne m’attarde pas trop. Il fait trop bon, trop chaud. On recharge en eau et on y va. Les jambes sont plutôt bonnes. Quelques difficultés à m’alimenter, mais rien d’alarmant.

25km – Notre Dame de la Paix : 4h14

Je prends le soin d’hydrater mes pieds, du temps de gagné pour plus tard assurément. Sur

Montée plaisante, je me sens à l’aise, sûr de moi. Je monte, et le froid se fait sentir.  Il y a beaucoup d’embouteillage qui nous oblige à nous arrêter avec les autres coureurs… Benjamin a dû les éviter, il a bien fait de foncer au départ. Les difficultés à m’alimenter se précisent. Mais je ne m’inquiète pas. Sur le côté, déjà des coureurs frigorifiés ou en train de vomir…

Vue sur le Piton des Neiges, point culminant de l’île

39km – Nez de Bœuf : 7h

Quel froid ! Gelé !! On a beau le savoir, on est pressé de repartir. Soupe chaude qui fait du bien et hydratation des pieds. Je repars avec les mains complètement gelées. Près de 30 minutes à réfugier mes mains sous mes aisselles pour les réchauffer. La difficulté à m’alimenter appartient au passé.

La portion est hyper agréable en direction de Mare à Boue et les lueurs du matin se lèvent dans cette zone qui nous offrira une vue somptueuse sur le Piton des Neiges. Peu de nuages en vue, ouvrons les yeux, c’est parti !

Sourire après avoir lu le message d’Audrey

49km – Mare à Boue : 8h56

1er pépin, un SBIT (Syndrome de la Bandelette Illio-Tibiale) gauche. Incompréhensible… Je n’ai même pas commencé les descentes… Quelques doutes arrivent à Mare à Boue. Déjà 50km et un SBIT.

Ravitaillement par les militaires (au top), changement de T-shirt, et on y retourne. Direction Kerveguen. La montée est longue, mais se fait agréablement. Les montées vont bien. Surtout sur cette zone magnifique que j’apprécie particulièrement. Nous avons beaucoup de chance avec le temps. J’arrive au sommet rapidement.  Avant la descente, je prends le temps de lire les quelques messages sur le téléphone. Audrey, présente à 200 % pour moi et les amis aussi!

Dans la descente de Kerveguen, ce que je craignais arriva. Impossible de courir aisément à cause du genou gauche. Alors je prends mon temps, en me disant que cela va passer. Ça va le faire tranquillement jusqu’à Cilaos. Difficile pour le moral de ne pas pouvoir courir. Je croise Nicolas un pote qui fait la Zembrocal. Ses encouragements me font du bien. A Bras Sec, Ugo (un ami en vacances à la Réunion) est là ! Il est frais souriant et positif ! Nous nous lançons ensemble jusqu’à Cilaos. Il me complimente sur l’avance que j’ai sur mes prédictions (1h30). Je me sentais bien jusqu’au SBIT. Il n’y a donc pas de raison, je vais gérer la suite.

Arriver à Cilaos et croiser d’autres guerriers

66km – Cilaos : 13h14

Arrivé à Cilaos, Anaïs et Marion (deux amies) sont là aussi. Qu’est-ce que cela fait du bien de voir des visages connus et souriant ! Elles sont encore plus excitées que moi. Dans la tente trois Guerriers : Mickaël, Jean Nicolas, Aurélie et sa petite famille. Des sourires, de la rigolade, chacun prend des nouvelles des autres.  Je pensais être loin derrière et devoir faire ma course seule, mais non. C’est rassurant. 

Direction Cascade Bras Rouge avec Ugo. En passant j’interpelle un homme « hé Antoine ! On ne dit pas bonjour au copain alors ! ».

Il me regarde étonné puis je me rends compte que non, ce n’est pas Antoine (un ami de la Réunion qui faisait la Zembrocal). L’air bête, je m’excuse, mais « Antoine » qui s’avère s’appeler Anthony a beaucoup d’humour et me propose de prendre une photo ensemble. Avec grand plaisir !

73km – Sentier Taïbit : 16h09

En bas du Taïbit, rincé, la sieste s’impose : 20min sur l’asphalte. Je me rationne puis je croise trois autres Guerriers qui font la course ensemble : Lee-Manuel, Alex et Marc-Antoine. Ils me rejoindront à la tisanerie en montant le Taïbit.  Je décide de repartir avec eux. Pendant cette montée, un Lee-Manuel exceptionnel, plein de joie, de sourire, et de bonne humeur. Un virus furieusement contagieux ! Il sort son téléphone et fait résonner dans la montée « Les trois accords – grand champion international ». Exceptionnel moment qui restera gravé pour moi. « La team grand champion » est née : Lee-Manuel, Alex, et Marc-Antoine.  Ils me permettent de me remettre de mon gros coup de mou en bas du Taïbit. Je les en remercie encore.

79km – Marla et le froid : 19h08

Nous descendons aisément tous les 4 sur Marla. La nuit tombe lorsque nous arrivons au ravito. Le froid arrive doucement. Durant la montée vers le Col des Bœufs, je n’arrive pas à suivre leur rythme. Difficulté à courir avec le SBIT et des douleurs au mollet droit qui commencent. La team grand champion s’arrête pour m’attendre, je leur dis de poursuivre à leur rythme, que je n’arriverai pas à les suivre, et que je suis sûr que je les reverrai un peu plus loin. Ils insistent pour que je vienne avec eux, cela me touche beaucoup, mais avec d’énormes regrets j’insiste pour qu’ils poursuivent sans moi. Ils y vont. Le froid et la nuit sont tombés. La deuxième nuit a débuté, celle-ci dans Mafate. Direction Plaine des Merles, puis Sentier Scout.

88km – Sentier Scout : 22h49

La descente sur Sentier Scout me fait un peu peur avec le SBIT. Je l’ai pourtant beaucoup apprécié pendant les reconnaissances.  Ça n’y loupe pas 95ème km le mollet droit qui pète avec impossibilité de m’appuyer sur l’avant pied… A force de protéger le genou gauche, cela devait arriver. Je m’arrête pour souffler un peu, je refais le point. Strappe de compression et j’y retourne en boitant et en marchant. On occulte, le mental sera plus fort.

97km – Ilet à Bourse : 25h42

Seconde sieste, au sol derrière un banc d’école, tout seul dans la nuit : 20min. Dur dur le réveil et le dérouillage. Il fait froid. Ravitaillement puis direction Grand Place.

100km – La petite fille et les doutes de Grand Place : 27h23

J’arrive à Grand Place, seul dans une zone extrêmement sombre. Je distingue au loin une petite fille avec un visage déformé, un visage de démon, qui se tourne vers moi. Très étonné et dans l’incompréhension totale, je m’avance doucement et remarque que j’ai déformé les branches d’un arbre… Très grosse hallucination. Flippant ! Ça sent l’état de fatigue prononcé. Je reste un moment au ravito. Je discute avec un coureur guyanais. A qui je raconte la suite du parcours. Il est étonné par la difficulté des sentiers et comprend pourquoi on appelle cette diagonale celle des « fous ».

Beaucoup de doute quant à ma poursuite. Dois-je continuer ? Est-ce que je suis capable d’aller au bout ? Puis je pense à Éric Lacroix et Florent Bouguin lors de la présentation de parcours à l’hôtel : « n’abandonnez pas dans Mafate, parce que de toute façon vous devez en sortir ».

Je sors le téléphone, regarde tous les messages et les vidéos qu’Audrey, tous mes amis et ma famille m’ont faite. Beaucoup d’émotion qui monte. Je vais voir l’IDE : « ça se passe comment lorsqu’’on abandonne ? », il me répond : « vous vous asseyez là, attendez qu’il y en ait plusieurs, puis on vous remonte par 2 Bras ». Je le remercie, lui demande ses ciseaux et renforce mon strappe mollet droit. Décidé, je n’abandonnerai pas.

La descente vers Roche Ancrée m’attend. Mais d’abord la longue montée vers Grand Place les hauts. Comme repère, ce sublime serpentin de lampe frontale dans la montagne. Le tracé est beau et est dessiné face à moi.

Vient la longue descente vers Roche Ancrée que j’ai encore une fois du mal à vivre. Je laisse passer du monde, pour ne pas créer d’embouteillage. Elle passe plus vite que je ne l’aurai cru. Maintenant Roche Plate m’attend. Je poursuis dans la montée un petit groupe de 3 personnes avec un bon rythme. Je ne les lâche pas. Puis eux s’arrêtent de fatigue un peu avant la fin, je prends le relais et fonce vers Roche Plate. A l’aise, étrangement moins fatigué, heureux et souriant !!

108km – Roche Plate :  31h28 Le jour se lève. Le Maïdo sera gravi en matinée. Parfait. Une fusée me croise en sortant du ravito ! « Hé Samir comment ça va ?! ça fait plaisir de te voir ! » et vrooooom. Ça repart. Tout juste le temps de comprendre que je venais de croiser la 1ère féminine du Bourbon, Anne Champagne. Un sourire et une pêche aussi contagieuse que Lee-Manuel.  A Roche Plate, une vingtaine de personne au sol, des couvertures de survies qui tremblent de froid…Cela ne donne pas envie d’y rester, je repars sans trop tarder.

Lever du jour sur le Maïdo

Le Maïdo

Le jour se lève sur le Maïdo, les lueurs sur Mafate sont exceptionnelles. Je me trouve chanceux de me promener dans un si beau lieu.  Malgré qu’il ne soit que 8h, la chaleur se fait sentir. Je m’arrête quelques secondes pour retirer mon coupe-vent, et là Elisabeth Cauchon concurrente sur le Trail de Bourbon me questionne: « Tu abandonnes ?! » Non non je lui dis ! Je me change c’est tout. Elle prend le temps de discuter très rapidement, j’appris plus tard qu’elle aura fini 2ème féminine, comme quoi, on peut s’arrêter, prendre des nouvelles et être performante.

120km – La sortie de Mafate, Maïdo Tête Dure : 34h24

En descendant vers la tente militaire Anaïs est là, me disant que j’étais en avance sur mes prédictions, incroyable ! Sur le trajet, heureux de croiser Rose et Caroline. Grand sourire, je prends des nouvelles des autres Guerriers. Il y en a la tente me disent-elles. Nouvelle agréable surprise, moi qui pensais être loin derrière tous les autres.

Je recroise alors la team grand champion qui sort de sieste. Toujours le grand sourire, un plaisir de les recroiser, une vraie source de joie.

Je me pose, discute avec Ugo qui nous a rejoint, prends soin de mes pieds et décide de changer de chaussures.

Je dors 20min, sieste réparatrice. J’ai Audrey au téléphone, chaleureux et rassurant d’entendre sa voix. Je me porte ensuite vers la descente de Sans Souci. Je repars complétement requinqué de ce ravito.

Très en forme je cours sur toute la portion forestière. Surprenant d’avoir les jambes et de ne pas ressentir les douleurs que j’avais. Je m’attendais à avoir directement une descente. Terrain était agréable.

Sans souci, une interminable descente La descente commence alors, et là : le drame, l’enfer. Je n’arrive plus à courir même sur 10 mètres. Je me remémore qu’il reste près de 14 km à parcourir encore. Je me pose et resitue les choses, tant pis, mais il faut refuser la course sur cette descente pour avoir une chance d’aller au bout. Je souhaitais rejoindre d’autres Guerriers, mais je me résilie. Je marcherai vite sur toute la descente. Il m’aura fallu plus de 4h pour rallier Ilet Savannah. Le TFL (Tenseur Fascia Latae) gauche en compote, le mollet droit également. Mais toujours en course.

Croiser Nelly et Guillaume, bonheur ultime

131km – Ilet Savannah : 39h41

A Ilet Savannah j’entends la voix d’une amie « Allez Samir ! Allez Samir ! », « Nelly ??! ». Nelly et Guillaume (amis qui résident à la Réunion) sont en bas, proche du ravito à m’attendre. Je ne m’y attendais absolument pas. Bonheur ultime de les voir ici, loin de chez eux (St Pierre), pour moi.

Nelly et moi allons voir Marion au stand kiné pour qu’elle s’occupe de mes pattes. Je prends tout mon temps, discute avec elles, leur raconte mes hallucinations, j’ai l’impression d’en avoir fini et d’être au café du coin avec mes amies à tout débriefer. Marion me passe Audrey au téléphone, qui me remet du carburant au mental. 40min après, je repars.

Ti pa ti pa narivé!

138km – Chemin Ratineau : 42h52 La portion « accrobranche » et la « forêt enchantée ». Portion que je n’avais pas repérée. A regret. L’enfer. Tellement longue. Je double encore un paquet de coureurs sur les montées, et me fait dépasser en descente et sur le plat. Ne pouvant plus descendre normalement, je me mets sur les mains en mode araignée, je garde le genou tendu, je me mets en flexion de hanche, etc… J’essaie par tous les moyens d’avancer. Mais les douleurs au genou gauche sont vraiment importantes. Il faut avancer, une habitante me crie « ti pa ti pa narivé !», elle a raison. Avançons.

Bientôt la fin

146km – La Possession : 45h19

Alternance marche/course, arrivé à la Possession. Là, la délivrance de voir mes amies qui résident à La Réunion Manue, Margaux, la seconde Margot et Anaïs qui me suivent depuis le début. Je ne peux pas cacher mon énorme sourire. J’apprends malheureusement l’abandon de Mathias pour blessure. Cela me fout un coup au moral, très triste pour lui.  Je me renseigne sur Ben et Nico. Tous deux arrivés avec de très belles performances. Ravi pour eux. Je ne m’attarde pas à la Possession car pressé d’en finir. Je connais la fin, elle est moche, pas terrible. Accompagné de Manue, ça ira vite.

Nous marchons avec Manue (qui m’accompagnera jusqu’à la Redoute) vers le Chemin des Anglais. Les montées se passent très bien.  Elle me fait écouter les vidéos et les messages de mes amis. Un vrai carburant.

Dans la montée, soudainement la vision d’un frigo planté là, sur le Chemin des Anglais ! De nouveau une hallucination, mais qui restera un moment drôle. 

La dernière descente vers Grande Chaloupe. Dur. J’ai mal aux pieds, je regrette encore mes changements de chaussures et de chaussettes. Je regarde les chaussettes de Manue et lui demande sa pointure. Je vois bien dans son regard qu’elle se demande si je suis sérieux. Oui oui, je le suis, je veux ses chaussettes. Elle tourne la tête et me dit « allez on y va ». Alalala beau fou rire intérieur.

156km – Grande Chaloupe : 48h58

Nouveau bonheur, Chloé, une amie (et compagne de Mathias), qui vient me faire un coucou avant de repartir ! On recharge en eau. Des crêpes sont présentes au ravito, mais depuis le passage de Blaise, ils n’arrivent plus à refaire de crêpe. La pâte n’est plus bonne. Anecdote drôle, et d’entendre cette histoire me ramène à nouveau à toute l’équipe des Guerriers du Grand Raid qui ont sûrement tous terminé le périple.

On ne s’éternise de nouveau pas à Grande Chaloupe.  Direction St Bernard, puis St Bernard Colorado. On poursuit dans le même thème, les montées sont rapides et agréable, les descentes sont calamiteuses et longues.

165km – Le Colorado 51h44

Arrivée au Colorado glaciale, beaucoup de vent froid. Nouvelle hallucination, je vois un ravito bien plus tôt que prévu. En mode chapiteau et serveurs. Une folie… Démesurée.

Je ne traîne pas trop au ravito, il fait très froid en haut. Je marche un peu, je m’arrête et change mon strappe mollet.

Pendant la descente, je souffre durant les premiers pas, puis au fur et à mesure tout va beaucoup mieux. Je serre les dents et petit à petit m’accoutume des douleurs. Je suis le rythme (élevé) de Manue. On entend le bruit du stade, au loin, mais avec l’impression qu’il s’éloigne plus qu’il ne se rapproche…

Je regarde au sol, de magnifiques mosaïques, tout partout. Des mosaïques occidentales, je demande à Manue si elle voit ça, elle me rembarre, j’ai bien compris que j’hallucinais et qu’il ne fallait pas s’arrêter. Elle a sûrement peur qu’en stoppant mon effort je ne puisse pas repartir. Tant pis, je laisse passer ces « hallucinantes » et belles mosaïques.  

Pointage en bas du Colorado.  Les mots de Manue « maintenant profite jusqu’au bout et prend conscience de ce que tu as fait ». On continue de descendre, j’entends mon prénom, en bas de la descente. Margaux, Ugo, Anaïs, et Marion sont là. Je m’en doutais, mais je pensais les voir au stade. Là, ils m’attendent en bas du Colorado. Les premiers sourires sur mon visage se font sentir…

Coup de fil d’Audrey, toujours présente durant la course

170km – La Redoute, la délivrance

« Allez profite » me redit Manue qui me pousse et me laisse partir. Étrangement bon nombre de douleurs disparaissent, j’arrive à courir. Plutôt aisément. Voici la ligne d’arrivée. Je la passe avec un grand sourire en pensant à Audrey qui aurait dû être là et à sa grand-mère qui vient de nous quitter, mais aussi à tous mes amis, ma famille…

Anaïs me passe immédiatement Audrey. Beaucoup d’émotions. Elle manque à l’événement, mais aura été présente tout le long.

Passage de la ligne d’arrivée au stade de la Redoute

Ça y est, c’est fini. 53h46 sur les sublimes sentiers Réunionnais. De long mois de préparation, de privation pour en arriver là. Une aventure humaine extraordinaire. Des objectifs initiaux qui, les heures écoulées, laissent place à un formidable voyage intérieur qui permet de tester les limites de son corps, de son esprit et aller bien plus loin que ce qu’il semblait possible.

Un moment partagé avec famille, amis, Guerriers du Grand Raid, femme.

170km, 9646m de dénivelé positif, 53h46 sur les sentiers réunionnais, de nombreuses douleurs, de sourires, mais surtout de souvenirs, et une conclusion ultime pour mon aventure : une aventure humaine hallucinante, qui me fait réaliser que je suis plutôt très bien entouré…

Author

La Clinique Du Coureur

Date

1 novembre 2019

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